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07/02/2006 - Juste une histoire d'amour Version imprimable Suggérer par mail

Mardi 7 février.  Le ciel bruxellois ressemble à une chape de plomb.  Les flocons ne tombent pas encore sur la capitale, mais le thermomètre n’affiche guère plus de 0°C.  Il fait froid.  Sauf dans les cœurs.  Durant deux bonnes heures, l’amour va réchauffer les êtres.  Et le quotidien des jeunes cancéreux de l’Hôpital Reine Fabiola.  Adieu détresse, bonjour espoir !

Justine

Main dans la main, Justine Henin-Hardenne, fleuron du tennis belge, à peine remise de ses problèmes physiques aux internationaux d’Australie, et Pierre-Yves, son mari, arrivent à l’hôpital des enfants, afin de répondre à l’invitation de l’association « Jour après Jour », dont la néo-Monégasque est désormais présidente d’honneur.  Leur but ?  Récolter des fonds afin d’aider ces petits et leurs parents.  Permettre de lutter plus efficacement contre le cancer.  Rendre leur vie meilleure, d’autant que les frais médicaux sont élevés.  On connaît tous le caractère trempé de notre championne, cette volonté qui lui a permis d’arriver là où elle est.  C’est cette volonté, justement, qu’elle souhaite transmettre aux enfants à qui elle rend visite.  Le couple Henin-Hardenne arrive avec sa simplicité, sa bonne humeur, sa tendresse et, surtout, des cadeaux.

« J’ai peu de temps à moi, mais c’est vraiment ce pour quoi je veux m’investir », explique la tenniswoman, qui a d’ailleurs créé sa propre association, « Les vingt cœurs de Justine ».  « Je suis très impressionnée par la façon dont Fabienne Manandise, la fondatrice de « Jour après Jour », gère tout ça.  Les enfants sont bien entourés dans leur malheur et je suis convaincue que, même s’ils ne le disent pas forcément, ils sont ravis de tout ce que les gens font pour eux.  Je sais que, dans la vie, on a tendance à souvent parler pour ne rien dire, mais si je m’investis dans cette voie, c’est pour obtenir du concret. »

Comme dans un rêve pour ces bouts de chou qui souffrent, Justine est entrée dans les chambres, au quatrième étage de l’Hôpital Reine Fabiola.  L’amour, pour elle, c’est hyper-important.  Son équilibre passe autant par la vie de couple que par son aventure sportive.  Mais il y a aussi l’amour des enfants.

Ceux-ci étaient prévenus de cette visite de courtoisie et s’y étaient préparés.  Faire face à une célébrité a pourtant de quoi décontenancer.  Certains rougissent ou mettent la main devant leur doux visage au moment de répondre à des sourires et à ses questions.  Pourtant, dans la « rue de l’Imaginaire », comme est baptisé le couloir que les petits empruntent pour rejoindre leurs quartiers, il n’y a que fascination et féerie.  Au-delà du combat qu’ils livrent, du courage dont ils font preuve et de la liberté à laquelle ils aspirent, il y a le rêve.  L’évasion.

La venue de Justine et de son époux s’inscrit dans ce voyage vers l’imaginaire.  Tous deux distribuent des livres dédicacés et des « doudous ».  Ils ne refusent pas le contact direct, ils vont vers les enfants et discutent avec eux.  Ils sont visiblement touchés par au plus profond de leur chair par la détresse des bambins, dont les regards sont autant admiratifs qu’émus.

La championne décide alors de passer dans le quartier stérile, afin de pouvoir converser avec Floriane, une jolie gamine de 11 ans.  Elle enfile un masque.  « J’ai beaucoup de chance par rapport à ces enfants », soupire-t-elle.  « Les rencontrer me ramène les pieds sur terre.  C’est vrai que de vivre couramment à l’étranger fait parfois oublier que la tragédie et le malheur sont si proches.  Les enfants ne se rendent pas forcément compte de qui je suis, mais ils sont heureux que je sois à leurs côtés.  J’ai beaucoup d’admiration pour eux.  On dit souvent que j’ai de la volonté, mais que dire à leur sujet alors ? »

Pendant ce temps, Pierre-Yves est resté dans une chambre.  Il est assis sur le lit du petit Martin.  Ils échangent des blagues qui finissent dans un grand éclat de rire.  « Quelle émotion ! » dit-il, discrètement.  « J’espère que pour tous ces bambins, ce jour sera inoubliable, même s’ils ont tous d’autres échéances plus importantes. Espérons que ce petit rayon de soleil aura une clarté et une chaleur éternelles. »

Beaucoup de parents ont fait le détour pour être présents lors de la venue de la finaliste malheureuse du récent Open d’Australie.  Les caméras de télévision sont là, mais elles gênent visiblement Justine, qui préférerait pouvoir donner la plénitude de son amour en privé.  D’autres enfants, comme la petite Reham ou le jeune Akeem Junior, sourient sur ses genoux.

La visite confirme une bonne nouvelle.  Les deux associations devraient probablement fusionner dans les prochains mois et donner naissance à un nouvel outil de combat : « Les vingt cœurs de Justine jour après jour ».  La championne a promis de continuer à s’investir, en temps et en argent.  Voire en tendresse, « sur le terrain », dès que ce sera possible.  Vaincre la maladie est un travail d’équipe.  Et si Justine a plutôt l’habitude de jouer seule sur les courts, elle a bien compris que, dans ce cas-ci, l’union, mais aussi le nombre, feront la force.  Et la fille de Rochefort de conclure par le rêve qu’elle a fait : « Pouvoir offrir des vacances à tous ces enfants me plairait vraiment.  Quelques jours en mer sur un voilier, par exemple.  Ils seraient libres, portés par les flots et poussés par le vent.  Voilà qui leur ferait un bien fou. »

Rendez-vous est pris, Juju.

Maxime Quentin
Ciné-Télé Revue

 
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