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Au moins huit mois d'attente pour les enfants souffrant de cancer.
BRUXELLES Huit mois. C'est le délai d'attente minimal pour que les parents d'un enfant souffrant d'un cancer reçoivent l'autorisation de bénéficier d'allocations familiales majorées. «Ce délai s'allonge d'année en année. Les familles se retrouvent dans des impasses financières, qui compliquent à l'extrême une situation déjà bien pénible à vivre», intervient Fabienne Manandise, présidente de Jour après Jour.
Trop de contrôles, trop de tracasseries administratives, personnel insuffisant au sein des services chargés de gérer ces dossiers: Fabienne Manandise, par ailleurs secrétaire nationale aux Familles du CDH, demande «du changement, et vite». Ce jeudi, Benoît Drèze, député CDH, se fera l'écho des revendications de Mme Manandise, par le biais d'une question orale posée à Rudy Demotte, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique. En évoquant une piste qui pourrait tout simplifier: l'octroi, à titre provisionnel, de l'allocation familiale majorée, ainsi que du statu Vipo et d'autres avantages (comme la carte de stationnement pour handicapés), dès réception d' «une demande suffisamment crédible». Le dossier pourrait évidemment être corrigé, par la suite, après vérification approfondie.
Fabienne Manandise considère que «quelque 300.000 enfants peuvent prétendre à une allocation majorée». Elle relève des procédures absurdes, qui ralentissent encore davantage le système. «Savez-vous, par exemple, que des enfants handicapés à vie - comme les trisomiques ou les autistes - sont contraints de se soumettre, chaque année, à une évaluation de leur handicap, pour continuer à bénéficier des allocations majorées! C'est insensé. Et pendant ce temps-là, les nouveaux dossiers s'accumulent...»
Parmi les familles qui l'ont contactée, Fabienne Manandise fait notamment état de cette maman dont l'enfant est décédé voici un mois. «Elle avait introduit une demande de reconnaissance de handicap voici huit mois. Son fils est mort, et elle n'a toujours pas vu venir le moindre euro. A la douleur de perdre un enfant vient se greffer la détresse financière. C'est absurde, pour ne pas dire révoltant!»
J. M. © La Dernière Heure 2005 |