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Page 2 sur 7 Bref état des lieux en BelgiqueLes enfants meurent aussi, Epictète l'accepte. Camus se révolte. L'échec ce n'est pas la mort, c'est de ne pas vivre tant qu'on est vivant, nous dit le docteur Sariban, responsable de l'unité d'hémato-oncologie de l'hôpital universitaire des enfants. Pris à la lettre, ce point de vue rationaliste choquerait sans doute plus d'un parent d'enfant cancéreux. Compris comme la formulation d'un formidable espoir, il traduit la volonté d'un personnel médical compétent de jouir enfin de moyens légitimes pour augmenter les chances de guérison et diminuer les séquelles de maladies qui ont connu des progrès thérapeutiques extraordinaires ces dernières décennies. Il y a en Belgique 220 nouveaux cas de cancer par an dans la population d'enfants de moins de 15 ans. Soit, 120 cas néérlandophones et 100 cas francophones et germanophones. Un nouveau-né sur 600 développera un cancer pendant son enfance. Centre de référence public, l'Hôpital universitaire des enfants accueille 40% des enfants traités pour une maladie cancéreuse. Au total, quelque 120 enfants y sont traités chaque année en journée ou lors de séjours prolongés au sein de cette unité qui dénombre 10 lits "lourds" et 10 lits en hôpital de jour. La vie d'un enfant, cancéreux en l'occurence, a-t-elle un prix? En l'absence de décision de la part du gouvernement, la prochaine étape consistera à porter plainte contre l'Etat belge, auprès de la Cour européenne, pour non-assistance à personne en danger. Le cancer chez l'enfant est, pour beaucoup, synonyme de leucémie (cancer des cellules sanguines provenant de la moelle osseuse). Mais les leucémies proprement dites ne représentent qu'un tiers de tous les cancers observés chez les enfants. Plus de la moitié de ces cancers sont représentés par des tumeurs dites solides: soit des cancers se développant à partir d'organes (cerveau, rein, os, etc). Les cancers observés chez les enfants ont en général un meilleur pronostic que chez les adultes, les chances de guérison sont inférieures à 50%. Pour tous les types de cancers confondus, les succès thérapeutiques sont obtenus dans la moitié des cas chez les enfants. Malgré ces efforts, le cancer demeure en Belgique la première cause de mortalité infantile pour des raisons médicales chez les enfants de plus d'un an. Un enfant décède du cancer tous les quatre jours dans notre pays. Les parents ne l'accepteront jamais. Et ils se révoltent. Contre l'injustice d'un système qui, socialement discriminant, ne donne pas toutes les chances de guérir dans de bonnes conditions ou d'atténuer dignement ces souffrances; contre l'injustice d'un système qui, dépourvu de moyens consacrés à la recherche, ne formule pas en lui-même l'espoir de la vie.
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