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Page 3 sur 7 La dérive d'une médecine financée par la charité Fragiles, les enfants cancéreux ont besoin de soins particuliers et lourds qui justifient un encadrement de très haut niveau. Cependant, les traitements de ces enfants n'engendrent pas de nombreux actes techniques (très rémunérateurs pour l'hôpital). Dès lors, une unité de cancérologie pédiatrique est doublement coûteuse à l'hôpital car exigeante en personnel et peu génératrice en actes techniques. L'Inami a hélas comme seule priorité de rembourser ces actes sans tenir compte du temps consacré aux démarches intellectuelles et humaines indispensables à l'analyse des problèmes posés par chaque enfant. L'absence d'une politique de santé rationnelle (au niveau du gouvernement et des universités) et éthiquement défendable pour le personnel soignant engendre un recours à la charité publique (pudiquement, car politiquement correcte, appelée mécénat) afin de permettre aux unités cancérologiques pédiatriques de ce pays de fonctionner. L'hôpital universitaire des enfants n'échappe pas à cette règle sournoise. La médecine à deux vitesses est une réalité qui n'a plus rien de virtuel. L'unité d'oncologie de l'Hôpital des enfants Reine Fabiola ne peut se passer des fonds procurés par Jour après Jour, qui prend à sa charge et à la demande expresse des autorités de l'hôpital: - le salaire de l'institutrice maternelle de l'école "Les enfants de Caro" à Charleroi. - le salaire d'un éducateur pour l'unité oncologie. - le salaire d'une secrétaire. Une infirmière est payée par une Fondation du Luxembourg, qui aiguille les enfants grand-ducaux vers l'Huderf. La secrétaire du service oncologique est également payée par le mécénat. La secrétaire du service est payée par des fonds extérieurs. Le deuxième pédiatre du service onco est financé par Télévie. Ce n'est pas tout. Non content de suppléer les carences de première ligne, Jour après Jour et d'autres financements privés compensent les énormes faiblesses matérielles de cette unité en payant du matériel médical performant (pompes à perfusion, à gavage, seringues électroniques,...) voire du matériel de base faisant défaut suite à la gestion passée catastrophique des hôpitaux publics bruxellois: pèse-bébé, thermomètres, toises, cloches à oxygène, armoires à médicaments, réfrigérateurs, on en passe ... Le bien-être élémentaire des enfants est également financé par cette charité: téléphones, télévision dans les chambres, circuit vidéo, équipement de la salle de jeux et des chambres ont été payés par Jour après Jour.
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